Marché carbone volontaire vs marché réglementaire

Le marché carbone volontaire, comme son nom l'indique, est une plateforme sur laquelle des particuliers et des entités achètent des crédits carbone ou des compensations pour atténuer leurs émissions. Les entreprises participent au marché carbone volontaire pour de multiples raisons, qui varient selon leurs objectifs et leurs valeurs. Ces motivations incluent la responsabilité sociale de l'entreprise (RSE), le renforcement de l'image de marque, l'alignement sur les attentes des parties prenantes, la conformité aux réglementations environnementales, la recherche d'un impact social positif, et bien d'autres.
Se distinguant des systèmes de plafonnement et d'échange (cap-and-trade) qui fonctionnent avec des quotas ou permis fixes, le marché carbone volontaire s'appuie sur un cadre orienté projets. L'accent se déplace alors vers des projets ou initiatives individuels visant à réduire ou à éliminer les émissions.
Il est important de noter que la participation à ce marché est totalement volontaire et n'est pas soumise à la conformité réglementaire. Les entreprises font le choix conscient d'y participer en fonction de leurs motivations et engagements propres. Bien que le marché volontaire soit nettement plus petit que le marché réglementaire, il devrait continuer à croître dans les années à venir.
Le marché réglementaire fonctionne dans le cadre de réglementations nationales, régionales ou internationales de réduction du carbone, selon un système de plafonnement et d'échange (cap-and-trade). Dans ce système, une autorité réglementaire attribue ou met aux enchères un nombre fini de « quotas », chacun permettant l'émission d'un volume spécifique d'émissions. L'objectif principal du marché réglementaire est de respecter les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en s'alignant sur des accords internationaux tels que le Protocole de Kyoto et l'Accord de Paris.
Parmi les exemples notables figurent le système européen d'échange de quotas d'émissions, le California Cap-and-Trade Program, l'Australian Emissions Reduction Fund, la taxe carbone de Colombie-Britannique et le New Zealand Emissions Trading Scheme. À ce jour, le marché réglementaire dépasse largement le marché volontaire, tant en termes de volume d'émissions couvertes que de valeur financière des transactions.

Volontaire vs réglementaire
| Marché volontaire | Marché réglementaire | |
|---|---|---|
| Matière première échangée | Crédits carbone facilités par le système orienté projets | Quotas facilités par le système de plafonnement et d'échange. |
| Comment le marché est-il régulé ? | Auto-régulé | Régulé par des régimes nationaux, régionaux ou internationaux |
| Qui peut acheter des crédits ? | Particuliers, entreprises, gouvernements et ONG | Entreprises et gouvernements ayant adopté les limites d'émissions établies par la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques |
| Où les crédits sont-ils échangés ? | Il n'existe actuellement pas de marché centralisé des crédits carbone volontaires. Les développeurs de projets peuvent vendre les crédits directement aux acheteurs, via un courtier ou une bourse, ou les vendre à un revendeur qui les revend ensuite à un acheteur. | Les entreprises dépassant leurs objectifs d'émissions peuvent vendre leurs crédits excédentaires à celles qui cherchent à compenser leurs émissions. Les crédits peuvent être vendus dans le cadre du système d'échange d'émissions du Protocole de Kyoto. |